L’Anti-livre

L’ANTI-LIVRE

[FRAGMENTS DE DÉCHETS LITTERAIRES]

Avec Mustapha Benfodil

LES ATELIERS SAUVAGES – SAMEDI 14 OCTOBRE 2017, 19H00.

Lecture-installation. Durée : 40 mn.

 

 

 

Dans cette lecture-installation, il est question de « ratures » plus que de « litté ». De boules de papier froissé. De chapitres biffés. De carnets intimes exhumés du caveau du temps. De déchets papier devenus archives. Il y est question aussi de « bibliocaustes » et d’autodafés, de manuscrits refusés par le marché,  de livres broyés et d’écrivains assassinés. Entre destruction et recyclage poétique, un autre récit s’écrit. Un livre qui revient de loin : L’ANTILIVRE.

 

Mustapha Benfodil écrivain, poète, dramaturge et journaliste algérien  a presenté le 14 octobre 2017  aux Ateliers Sauvages « une performance littéraire » qui a eté réalisée   dans le cadre des ateliers de l’Euro méditerranée en 2012,  au sein de l’Espace Fernand Pouillon de l’université Aix-Marseille, sur le thème des métamorphoses du livre, visant à créer une œuvre collective baptisée l’Anti-livre – où le farfelu opuscule borgésien qui s’évada de la gueule du pilon à partir des livres, justement destinés au pilonnage.

La matière première, l’écrivain est allé la chercher dans le « Magasin aveugle », sorte d’anti-chambre ou de chambre froide du livre où sont entassés les ouvrages rebuts des étagères de la bibliothèque, en attente de leur inexorable destruction. « Dans cette pièce, je me sentais comme un enfant dans un magasin de jouet ! », Mustapha Benfodil a créé l’Anti-livre à partir de fragments de livres, de pages manquantes et d’une liste de 640 mots sélectionnés arbitrairement dans les ouvrages condamnés. 640, comme les 640 alvéoles de La bibliothèque de Babel de Borges, totale et infinie.

Extrait : « La nuit, quand les chats sont gris, que les chairs se grisent, que même les puissants se flasquent, que les rues se silencent, que la lune mange le ciel, que les étoiles se mettent à écrire leur partition, les constellations à dessiner de nouveaux pays, que les ouvriers troquent leur force de travail contre un capital répit, que ronflent les chaumières et frétillent les chimères, les livres se réveillent, les personnages de fiction surgissent de leurs cellules de cellulose et les vers peuplent la terre. »

Source : https://marsactu.fr/lanti-livre-sauve-des-machoires-du-pilon/

Mustapha Benfodil : « L’Anti-Livre est un objet littéraire hybride dans lequel j’explore la thématique du « Pilon », c’est-à-dire la destruction des livres pour toute sorte de raisons Dans cette opération sournoise, le livre est traité comme un simple déchet papier qui est recyclé avant d’être réinjecté dans l’industrie « papivore ». C’est le cycle biologique des livres. Comment le marché éditorial agit-il sur le livre ? Qui est-ce qui décide de la vie et de la mort des livres ? Qu’est-ce qu’on garde et qu’est-ce qu’on jette en littérature ? Comment recycle-t-on du littéraire ? Autant de questions abordées dans cet ouvrage encore inédit, qui lutte lui-même pour une place dans les librairies… »